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Chine

La seconde vie du Grand Ricci

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Par Benoit Vermander

Fin aoĂ»t 2014, les Presses Commerciales de PĂ©kin (l’une des plus grandes maisons d’édition chinoise, Ă©ditrice, entre autres, du Dictionnaire Xinhua http://en.wikipedia.org/wiki/Xinhua_Zidian (le dictionnaire le plus vendu au monde
) ont sorti un volume de plus de 2000 pages, le « Dictionnaire Ricci Chinois-Français », une Ă©dition rĂ©visĂ©e et raccourcie du Grand Ricci http://www.jesuites.com/2012/01/grand-dictionnaire-ricci-chinois/ , le dictionnaire publiĂ© en 2001 par les Instituts Ricci de Taipei et Paris, dont les droits ont depuis Ă©tĂ© confiĂ©s Ă  « l’Association Ricci pour le grand dictionnaire français de la langue chinoise » http://www.grandricci.org . L’ouvrage devrait atteindre les librairies de Chine dĂ©but octobre.

Depuis les premiers contacts entre les Instituts Ricci et les Presses commerciales (Shangwu), il aura fallu attendre quinze ans
 Mais le dĂ©lai Ă©tait largement justifiĂ© : les Presses commerciales ont effectuĂ© un travail d’exception, qui fait de ce dictionnaire – et pour trĂšs longtemps – l’outil de rĂ©fĂ©rence lexicographique entre le chinois et le français. Le choix des expressions a Ă©tĂ© fait avec scrupule, les expressions douteuses ou fautives ont Ă©tĂ© corrigĂ©es, un choix Ă©clairĂ© de nouvelles expressions venues du chinois contemporain a Ă©tĂ© introduit sans pour autant affadir l’ancrage du Ricci dans l’histoire de la langue et de la pensĂ©e chinoises. Les traditions lexicographiques combinĂ©es des Presses Commerciales et des Ricci ont livrĂ© ensemble ce qu’elles avaient de meilleur
 Ouvrant le dictionnaire, je me remĂ©morais avec joie ma premiĂšre visite dans le « temple » intimidant des Presses Commerciales en 1999 : Zhang Wenying, l’éditrice qui m’accueillait alors ** a finalement coordonnĂ© jusqu’au bout le projet **. Entre tous les partenaires impliquĂ©s, la confiance et l’estime n’ont fait que croĂźtre au long des annĂ©es.

L’origine du grand Ricci remonte au « Bureau d’étude sinologique » de Zikawei, Ă  Shanghai, dans les annĂ©es 1880, et au travail accompli par les sinologues jĂ©suites français LĂ©on Wieger et SĂ©bastien Couvreur dans le Hebei Ă  partir de la mĂȘme Ă©poque. Il avait Ă©tĂ© repris notamment par les pĂšres Zsamar, Yves Raguin, Jean Lefeuvre et Claude Larre aprĂšs qu’ils avaient quittĂ© la Chine. Il Ă©tait grand temps que ce fruit de la sinologie jĂ©suite « rentre » en Chine, et qu’il le fasse corrigĂ©, mĂ»ri, portĂ© Ă  fruition par la meilleure institution lexicographique chinoise. La parution du « Ricci-Shangwu » n’est pas seulement un Ă©vĂ©nement Ă©ditorial. AncrĂ©e dans une longue histoire, elle est un signe fort de fidĂ©litĂ© et d’espĂ©rance.

 

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Intervention de M. BenoĂźt Vermander : « De Shanghai Ă  Shanghai (1880 – 2015) » au Consulat de France Ă  Shanghai

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BenoĂźt Vermander est un jĂ©suite français, sinologue et politologue, directeur de l’Institut Ricci de Taipei depuis 1996. Depuis 2009, il est chercheur, professeur, et directeur exĂ©cutif du « Centre de recherche sur le dialogue entre civilisations et religions » Ă  la FacultĂ© de philosophie de l’UniversitĂ© Fudan Ă  Shanghai, oĂč il occupe Ă©galement le poste de directeur acadĂ©mique du centre d’études françaises Xu-Ricci.

Transcription de l’intervention « De Shanghai Ă  Shanghai (1880 – 2015) : le Bureau d’études sinologiques de Zikawei, le Dictionnaire Ricci et les nouveaux dĂ©fis de la rencontre entre cultures », prononcĂ©e par le Professeur BenoĂźt Vermander de la FacultĂ© de Philosophie de l’UniversitĂ© Fudan Ă  la RĂ©sidence du Consul GĂ©nĂ©ral de France Ă  Shanghai le 9 avril 2015.

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Intervention de M. BenoĂźt Vermander : « De Shanghai Ă  Shanghai (1880 – 2015) : le Bureau d’études sinologiques de Zikawei, le Dictionnaire Ricci et les nouveaux dĂ©fis de la rencontre entre cultures »

De Shanghai Ă  Shanghai (1880-12015) : le Bureau d’études sinologiques de Zikawei, le Dictionnaire Ricci et les nouveaux dĂ©fis de la rencontre entre cultures

Monsieur le Consul GĂ©nĂ©ral – Cher Emmanuel,
Monsieur le Directeur Général Zhou Hongbo,
Chers Amis,

C’est pour moi une joie et une fiertĂ© que de rĂ©flĂ©chir avec vous aujourd’hui, en ce lieu chargĂ© d’histoire, tout Ă  la fois accueillant et prestigieux, Ă  un thĂšme qui anime et qui interroge les tĂąches que chacun d’entre nous exercent, au delĂ  de la diversitĂ© de nos contextes professionnels : celui des conditions et de la fĂ©conditĂ© d’une rencontre interculturelle porteuse et de comprĂ©hension accrue et d’impulsion crĂ©atrice, celui de son rapport avec les Ă©changes de langage et la traduction, celui du sens et des articulations logiques du « dialogue » entre les cultures. Dialogue : si le mot paraĂźt galvaudĂ©, la rĂ©alitĂ© qu’il recouvre informe bien notre quotidien, et il n’est jamais inutile de nous demander ce que nous faisons exactement lorsque nous sommes supposĂ©s « dialoguer ».

Toute rĂ©flexion – mĂȘme d’allure bien thĂ©orique – s’ancre dans un terroir et dans une rĂ©alitĂ© historique. Celle de Shanghai– riche, tourmentĂ©e, ambiguĂ« –, celle, plus largement, des relations entre la Chine et l’Europe aimantent de fait la rĂ©flexion critique. Pareils contextes – chargĂ©s de rencontres et d’inventivitĂ© culturelles mais aussi d’incomprĂ©hensions et parfois de drames – nous avertissent dĂšs le dĂ©part de ne pas cĂ©der Ă  l’irĂ©nisme, de ne pas construire une image idĂ©alisĂ©e du dialogue et de la rencontre entre civilisations, mais aussi d’apprĂ©cier la complexitĂ© des Ă©vĂ©nements et la richesse d’interprĂ©tation qu’ils ouvrent, de savoir parier sur les forces de renouvellement, et de mieux apprĂ©cier le rĂŽle qu’il nous revient, Ă  nous de jouer, dans le contexte dans lequel nous sommes placĂ©s, pour amplifier et renouveler la rencontre et l’échange plutĂŽt que de l’atrophier et la rĂ©duire Ă  des schĂ©mas dĂ©passĂ©s.

Laissez moi dĂ©buter avec un constat qui nous est ici familiers Ă  tous : La cĂ©lĂ©bration des cinquante ans de relations diplomatiques entre la Chine et la France a Ă©tĂ© marquĂ©e par un nombre d’initiatives bien plus Ă©levĂ© que prĂ©vu au dĂ©part – expositions, colloques, documentaires, visites thĂ©matiques, spectacles, publications
 La plupart de ces initiatives sont venues de rĂ©gions, municipalitĂ©s, groupes professionnels, artistes ou chercheurs dĂ©jĂ  engagĂ©s dans des projets communs. MalgrĂ© les alĂ©as politiques et Ă©conomiques parfois enregistrĂ©s, il est clair que les Ă©changes humains engagĂ©s depuis plus de trente ans ont dĂ©jĂ  portĂ© des fruits, qui dĂ©passent largement ce que les seuls gouvernements pourraient mettre en Ɠuvre par eux-mĂȘmes seulement. Il a toujours existĂ© une sorte de fascination rĂ©ciproque entre la France et la Chine, et l’attraction mutuelle entre les deux cultures ne diminue en rien.

J’aimerais Ă©voquer ici l’une des initiatives qui ont abouti durant cette annĂ©e. Fin aoĂ»t 2014, les Presses Commerciales de PĂ©kin (l’une des plus grandes maisons d’édition chinoise, Ă©ditrice, entre autres, du Dictionnaire Xinhua, le dictionnaire le plus vendu au monde
) ont sorti un volume de plus de 2000 pages, le « Dictionnaire Ricci Chinois-Français », une Ă©dition rĂ©visĂ©e et raccourcie du Grand Ricci, le dictionnaire publiĂ© en 2001 par les Instituts Ricci de Taipei et Paris, dont les droits ont depuis Ă©tĂ© confiĂ©s Ă  « l’Association Ricci pour le grand dictionnaire français de la langue chinoise ». Si le « Grand Ricci » totalise sept volumes et neuf mille pages, l’édition confectionnĂ©e par Shangwu est bien davantage qu’un seul condensĂ© du premier.

Depuis les premiers contacts entre les Instituts Ricci et les Presses commerciales (Shangwu), il aura fallu attendre quinze ans
 Mais le dĂ©lai Ă©tait largement justifié : les Presses commerciales ont effectuĂ© un travail d’exception, qui fait de ce dictionnaire – et pour trĂšs longtemps – l’outil de rĂ©fĂ©rence lexicographique entre le chinois et le français. Le choix des expressions a Ă©tĂ© fait avec scrupule, les expressions douteuses ou fautives ont Ă©tĂ© corrigĂ©es, un choix Ă©clairĂ© de nouvelles expressions venues du chinois contemporain a Ă©tĂ© introduit sans pour autant affadir l’ancrage du Ricci dans l’histoire de la langue et de la pensĂ©e chinoises. Les traditions lexicographiques combinĂ©es des Presses Commerciales et des Ricci ont livrĂ© ensemble ce qu’elles avaient de meilleur
 Ouvrant le dictionnaire, je me remĂ©morais avec joie ma premiĂšre visite dans le « temple » intimidant des Presses Commerciales en 1999 : Zhang Wenying, l’éditrice qui m’accueillait alors a finalement coordonnĂ© jusqu’au bout le projet. Entre tous les partenaires impliquĂ©s, la confiance et l’estime n’ont fait que croĂźtre au long des annĂ©es.

Or, l’origine du grand Ricci remonte au « Bureau d’étude sinologique » de Zikawei, Ă  Shanghai, dans les annĂ©es 1880, et au travail accompli par les sinologues jĂ©suites français LĂ©on Wieger et SĂ©bastien Couvreur dans le Hebei Ă  partir de la mĂȘme Ă©poque. Il avait Ă©tĂ© repris notamment par les pĂšres Eugen Zsamar, Yves Raguin, Jean Lefeuvre et Claude Larre aprĂšs qu’ils avaient quittĂ© la Chine. Dans les annĂ©es quatre-vingt et quatre-vingt dix, un trĂšs grand nombre de sinologues francophones se sont mobilisĂ©s pour faire aboutir ce projet. Il Ă©tait grand temps que ce fruit de la sinologie d’inspiration jĂ©suite « rentre » en Chine, et qu’il le fasse corrigĂ©, mĂ»ri, portĂ© Ă  fruition par la meilleure institution lexicographique chinoise. La parution du « Ricci-Shangwu » n’est donc pas seulement un Ă©vĂ©nement Ă©ditorial. AncrĂ©e dans une longue histoire, elle est un signe fort de fidĂ©litĂ© et d’espĂ©rance.

L’histoire du Grand Ricci est emblĂ©matique de ce que les Ă©changes interculturels se doivent d’ĂȘtre encore aujourd’hui : ils exigent, patience, enracinement dans la langue, respect, sens de la continuité  A l’heure oĂč conflits et rancƓurs entre peuples et civilisations emblent souvent l’emporter, il nous faut faire encore et toujours le pari de la confiance, de l’ouverture – et de la tĂ©nacitĂ©. Les fruits les plus tardifs sont souvent les plus savoureux.

Revenons sur les origines du Dictionnaire prĂ©sentĂ© aujourd’hui. A Zikawei, le centre intellectuel catholique de Shanghai et sans doute de la Chine entiĂšre, dans lequel des jĂ©suites français s’étaient installĂ©s en 1843, rachetant des terrains du grand converti Paul Xu Guangqi, Henri Havet (1848-1901) lançait en 1892 une collection qui voulait renouer avec le genre des MĂ©moires. Les VariĂ©tĂ©s sinologiques (70 volumes) comprenaient notamment sa propre contributions sur La stĂšle chrĂ©tienne de Xi’an (1895-1902), celle du P. Aloys Pfister (1833-1891), auteur des Notices biographiques et bibliographiques sur les jĂ©suites de l’ancienne mission de Chine (1552-1773). Autre collaborateur de la collection, Henri DorĂ© (1859-1931), missionnaire pendant quarante ans dans le Jiangsu et l’Anhui, donna aux VariĂ©tĂ©s les dix-huit tomes de ses Recherches sur les superstitions en Chine, monument composite mais prĂ©cieux sur les cultes populaires. Les tomes 6 Ă  12 de ces Recherches sont pour bonne part traduites et adaptĂ©es d’un ouvrage de 1878 Ă©crit par un jĂ©suite chinois, Pierre Hoang (Huang Feimo), somme polĂ©mique sur le « panthĂ©on » des divinitĂ©s chinoises. Car plusieurs jĂ©suites chinois collaborĂšrent aux VariĂ©tĂ©s. Pierre Hoang y publia Le mariage chinois du point de vue lĂ©gal (1890), MĂ©langes sur l’administration (I902), Catalogue des tremblements de terre signalĂ©s en Chine d’aprĂšs les sources chinoises (1969-1913). Mathias Zhang (Zhang Huang, 1872-1929) y donna en 1905 un manuel synchronisant les systĂšmes chronologiques occidentaux et extrĂȘmes-orientaux.

Henri Havet relança donc le travail sinologique et intellectuel jĂ©suite en Chine. L’investissement dans pareil travail avait Ă©tĂ© l’une des caractĂ©ristiques de la premiĂšre mission jĂ©suite, celle des 17Ăšme et 18Ăšme siĂšcles. Havet mourut jeune. Mais son travail est significatif parce qu’il se dĂ©roule Ă  l’époque exacte oĂč la recherche menĂ©e par les intellectuels chinois sur les sources de l’écriture et de la pensĂ©e de leur pays joue un rĂŽle essentiel dans le relĂšvement de la conscience nationale chinoise et l’édification d’un destin commun. A cet Ă©gard, le lancement du Bureau d’études sinologiques tĂ©moigne donc d’un respect et d’une sensibilitĂ© culturels renouvelĂ©s aprĂšs une pĂ©riode initiale oĂč les Missions du dix-neuviĂšme siĂšcle n’avaient guĂšre exprimĂ© pareille attention, trop dĂ©pendantes qu’elles Ă©taient de rapports de force essentiellement politiques et militaires. Plus d’un demi siĂšcle plus tard, dans des conditions historiques radicalement transformĂ©es, l’un des continuateurs de Havet se trouve ĂȘtre le pĂšre Yves Raguin.

Avec Jean Lefeuvre (1922-1910) et d’autres jĂ©suites français, Yves Raguin fonda en effet le premier des Instituts Ricci. On en compte quatre aujourd’hui, respectivement Ă  Taipei (depuis 1966), Paris (depuis 1971), San Francisco (depuis 1984) et Macao (depuis 2000). Par ailleurs, le 10 mai 2010, jour anniversaire du quatre-centiĂšme anniversaire de la mort de Matteo Ricci, fut lancĂ© Ă  l’universitĂ© Fudan de Shanghai (fondĂ©e par le grand intellectuel chinois Ma Xiangbo, lequel fut un temps jĂ©suite) « l’Institut Matteo Ricci – Xu Guangqi pour le dialogue entre les civilisations ». Sans ĂȘtre formellement partie du rĂ©seau des Instituts Ricci, la nouvelle structure tĂ©moigne d’un Ă©largissement de l’influence et de la mission de ces Ɠuvres.

Les Instituts Ricci de Taipei et Paris ont notamment rĂ©alisĂ© le grand Dictionnaire Ricci. Dans « l’histoire courte » si l’on ose dire, le « Ricci » est le rĂ©sultat de plus de cinquante ans de labeur Ă©ditorial. Dans l’histoire longue, la passion des jĂ©suites pour la langue, la littĂ©rature et la culture de l’Empire du Milieu s’est traduite avec prĂ©dilection par l’édition de dictionnaires, Ă  commencer par le lexique chinois-portugais de Ricci et Ruggieri et l’Ɠuvre lexicographique de Nicolas Trigault Ă  l’orĂ©e du dix-septiĂšme siĂšcle. En 1904, le PĂšre SĂ©raphin Couvreur publie le Dictionnaire classique de la langue chinoise, cette version comprenant 21.400 caractĂšres chinois. Ce volume, ainsi que celui des CaractĂšres chinois ; Ă©tymologie, graphies, lexiques, publiĂ© en 1899 par le PĂšre LĂ©on Wieger, sont en quelque sort les ancĂȘtres directs du Dictionnaire Ricci. L’annĂ©e 1936 voit la parution, au beau milieu de la tourmente que traverse la Chine, du Vocabulaire des sciences mathĂ©matiques, physiques et naturelles du PĂšre Charles Tarranzano. Durant la guerre sino-japonaise, les PĂšres AndrĂ© Deltour et Henri Pattyn, entreprennent la rĂ©daction d’un dictionnaire analogique ainsi que d’autres travaux lexicographiques. À la mĂȘme Ă©poque, un jĂ©suite hongrois, Eugene Zsamar (1904-1974), conçoit un projet grandiose : la rĂ©daction d’une base de donnĂ©es lexicographiques Ă  caractĂšre encyclopĂ©dique entre le chinois et cinq langues, Ă  savoir le hongrois, l’anglais, le français, l’espagnol, et le latin. Un projet qui n’aurait peut-ĂȘtre mĂȘme pas connu un commencement d’exĂ©cution sans les loisirs forcĂ©s des missionnaires aprĂšs leur expulsion de Chine Ă  partir de l’annĂ©e 1949. À cette date justement, les PĂšres Zsamar et Deltour se retrouvent Ă  Macao, accompagnĂ©s d’un stock de deux cents dictionnaires et lexiques, qu’ils ont sauvĂ© de la tourmente. Cinq Ă©quipes linguistiques se mettent au travail, Ă  Macao d’abord, puis Ă  partir de septembre 1952, Ă  Taichung, au centre de Taiwan. Une vingtaine de jĂ©suites, assistĂ©s par une Ă©quipe de collaborateurs chinois, se rassemblent autour de grandes tables tournantes Ă©quipĂ©es de pupitres Ă  huit faces et deux Ă©tages montĂ©s sur roulements Ă  billes, pupitres sur lesquels sont disposĂ©s les ouvrages de rĂ©fĂ©rence. En novembre 1952, le PĂšre Joseph Motte dĂ©crit ainsi l’entreprise : « Un travail prĂ©liminaire a consistĂ© Ă  rĂ©unir en un fichier les matĂ©riaux contenus dans les meilleurs dictionnaires existants, soit chinois-europĂ©ens, soit purement chinois. Pour cela, on a dĂ©coupĂ© et collĂ© sur fiches les notices ou les traductions en français, anglais ou allemand de ces diffĂ©rents dictionnaires. (
) (Pour mettre de l’ordre dans cette masse de matĂ©riaux), on a d’abord rĂ©uni en les collant sur une fiche ou sur un paquet de fiches agrafĂ©es ensemble les notices ou les traductions relatives Ă  un caractĂšre ou une expression donnĂ©e. Ceci a donnĂ© un total de 300.000 fiches (ou paquets de fiches). Un premier tirage a permis de rĂ©duire ce nombre Ă  180.000 en Ă©liminant nombre d’expressions surannĂ©es ou de peu d’intĂ©rĂȘt. » Le processus de rĂ©vision sur la premiĂšre mouture, entamĂ© vers septembre 1954, montre trĂšs vite que la quasi totalitĂ© des dĂ©finitions de dĂ©part nĂ©cessite ajouts et corrections. En fĂ©vrier 1956, Yves Raguin, devenu dans l’intervalle directeur des travaux, prĂ©sente le Dictionnaire dans un article d’Études. Sur la question des dĂ©lais, sa prudence lui inspire une formule habile : « Quand cela finira-t-il ? Il paraĂźt sage de dire simplement : il ne faudra pas plus de temps qu’il n’en a fallu pour amener l’Ɠuvre au point oĂč elle en est. Sauf imprĂ©vu, Ă©videmment. »

Le dĂ©veloppement des activitĂ©s apostoliques Ă  Taiwan entraĂźne le dĂ©part de nombre de jĂ©suites vers des champs diffĂ©rents. Les sollicitations extĂ©rieures se multiplient, Ă  tel point que le PĂšre Raguin lui-mĂȘme est envoyĂ© en 1959 au Vietnam. A son retour, en 1964, il faut se rendre Ă  l’évidence : la masse imposante du « tapuscrit » (ainsi dĂ©signait-on les quarante volumes rassemblĂ©s) ne se prĂȘtait pas encore Ă  la publication. Alors naquit le projet d’un lancement Ă  trois Ă©tages : publier tout d’abord un « petit dictionnaire » de 5000 Ă  6000 caractĂšres et d’environ 50.000 expressions ; sortir ensuite un dictionnaire intermĂ©diaire ; et enfin couronner le tout du « Grand Dictionnaire » dont on reporterait la publication sine die, pour en assurer une qualitĂ© maximale. De façon Ă©tonnante, ce projet a fini par se rĂ©aliser presque Ă  la lettre : le « Petit Ricci » est publiĂ© en 1976 ; l’annĂ©e 1998 voit la publication du Dictionnaire Ricci de caractĂšres chinois, qui rĂ©unit dans un ensemble indĂ©pendant l’étude des 13 390 caractĂšres singuliers. Le Grand Ricci, finalement paru en 2001 – neuf mille pages en sept volumes – associe quelques 300.000 mots ou expressions Ă  ces caractĂšres singuliers. L’édition sur support numĂ©rique est disponible depuis 2010.

Surtout, comme je l’ai dĂ©jĂ  dit, la publication du « Ricci-Shangwu » l’an dernier est le vĂ©ritable couronnement de l’aventure, nouant fin et commencement ; le fait que Shangwu, la plus prestigieuse des maisons Ă©ditoriales chinoises, soit nĂ©e Ă  Shanghai, ait Ă©tĂ© la plateforme des publications des langues europĂ©ennes vers le chinois, et un vecteur essentiel du dĂ©veloppement de la pensĂ©e, de la lexicographie et de la littĂ©rature chinoise moderne et contemporaine donne encore plus de rĂ©sonance Ă  cette aventure partagĂ©e.

RĂ©flĂ©chissant sur le sens de cette aventure justement, notons Ă  quel point tout « dialogue » vĂ©ritable est le fruit de l’entrĂ©e patiente dans « la langue de l’autre », et cela n’est pas vrai seulement de la traduction d’une langue naturelle en une autre.

Dans le cas qui nous intĂ©resse ici, cette entrĂ©e dans « la langue de l’autre » est d’abord le fait de « sinologues » ; Le terme a-t-il aujourd’hui encore un sens, et lequel ? Il a Ă©tĂ© souvent associĂ© Ă  celui d’une « ultra spĂ©cialisation », l’étude d’une singularitĂ©. Mais aujourd’hui, bien sĂ»r, la Chine n’est pas un espace-temps coupĂ© du reste du monde. L’ascension chinoise des trois derniĂšres dĂ©cennies n’aurait jamais pu se produire sans le mouvement conjoint de mondialisation qui a liĂ© si fortement nos Ă©conomies, nos modes de consommation, nos traditions et nos pensĂ©es. ParallĂšlement, cette mĂȘme ascension n’aurait pas eu lieu de cette façon ni Ă  ce rythme si la dynamique de la mondialisation ne s’était emballĂ©e Ă  ce moment historique prĂ©cis. De ce point de vue, la tĂąche nouvelle de la sinologie (si le terme a encore un sens) est sans doute de travailler Ă  une grille d’intelligibilitĂ© de ce moment de l’histoire que vit aujourd’hui la Chine et qu’elle fait vivre avec elle au reste du monde. S’il en est bien ainsi, l’examen rĂ©flexif – poursuivi avec les ressources de la sinologie – du rapport entre la Chine et le reste du monde enrichit notre intelligence historique de ce que nous vivons aujourd’hui.

Il y a donc encore une tĂąche Ă  accomplir pour la « nouvelle sinologie » occidentale, une tĂąche – nous allons le voir – qui revĂȘt aussi un grand intĂ©rĂȘt pour la Chine elle-mĂȘme. Mais il nous faut aussi souligner qu’on assiste depuis une cinquantaine d’annĂ©e, et surtout depuis trente ans, Ă  un vĂ©ritable Ă©clatement de ce que l’on appelait auparavant sinologie : la croissance exponentielle du nombre de chercheurs et de publications comme la fragmentation accrue des disciplines et des sous-disciplines rendent de plus en plus difficile de suivre le dĂ©veloppement de la sinologie et d’y dĂ©gager des tendances de fond. Disons donc que la sinologie, en fin de compte, rĂ©side encore et toujours dans un esprit humaniste qui permet de tenir en lien et en dialogue des Ă©tudes spĂ©cialisĂ©es – par exemple sur les sacrifices et les pratiques funĂ©raires dans la Chine antique, sur telle ou telle pĂ©riode de la littĂ©rature chinoise, l’astronomie, sur la linguistique, la musique, l’administration impĂ©riale ou contemporaine, l’acupuncture ou l’histoire des mathĂ©matiques chinoises
 et de tenir ce lien en cherchant les connections culturelles et historiques entre ces textes, ces langages, ces pratiques. ParallĂšlement, un chercheur vraiment humaniste ne renoncera jamais Ă  se poser la question du sens que ses recherches revĂȘtent pour le monde d’aujourd’hui.

La sinologie ne doit donc pas ĂȘtre vue comme une « science » au sens Ă©troit du terme : elle aide plutĂŽt Ă  prĂ©ciser l’apport chinois Ă  des disciplines particuliĂšres telles que la sociologie, l’anthropologie, la linguistique, cela par le stock de connaissances qu’elle a accumulĂ©es et aussi par la formation de sociologues, historiens ou linguistes parlant et lisant le chinois, et pourvus d’une connaissance globale de l’histoire et de la culture chinoise. Mais elle est plus que cela : elle est un « fil rouge », qui, partant du point de vue de la pensĂ©e, de la « sensibilité » chinoise, est capable de croiser, connecter ces disciplines particuliĂšres et de dĂ©passer des catĂ©gorisations trop Ă©troites.

La sinologie peut aussi ĂȘtre vue comme une entreprise de dĂ©chiffrage de sens : les textes anciens chinois prennent sens Ă  l’intĂ©rieur d’une interprĂ©tation, et la multiplicitĂ© des voix et des commentaires est d’une grande aide pour mieux apprĂ©cier leur diversitĂ© et leur potentiel cachĂ©. Ainsi, pour l’interprĂ©tation des textes de Platon ou d’Aristote, peu importe que l’analyste soit grec, allemand, chinois, amĂ©ricain ou Ă©gyptien. Il en va de mĂȘme pour la lecture de Zhuangzi et de Confucius. Le lecteur chinois d’aujourd’hui aura certes sa grille de lecture et d’interprĂ©tation, mais dans la mesure oĂč les questions soulevĂ©es par Zhuangzi ou Confucius sont universelles tous les commentaires sont autorisĂ©s et (potentiellement au moins) intĂ©ressants.

Enfin, la sinologie est partie prenante du dĂ©bat du rĂŽle sur la place et la mission de la Chine dans un monde globalisĂ©. Les choix qu’affronte aujourd’hui la Chine ne s’expriment pas indĂ©pendamment d’un dĂ©bat continu sur son identitĂ©. Ce dĂ©bat rythme en fait l’histoire chinoise depuis le traumatisme infligĂ© par les TraitĂ©s inĂ©gaux puis par les interrogations sur l’essence et les usages de la culture chinoise imposĂ©e par la rencontre politique, technologique et idĂ©ologique avec l’Occident dans la seconde moitiĂ© du dix-neuviĂšme siĂšcle. Les rĂ©formes manquĂ©es de 1898, la rĂ©volution de 1911, le mouvement du Quatre Mai en 1919, les turbulences de la guerre civile puis de la pĂ©riode maoĂŻste, le « Manifeste adressĂ© au monde pour la dĂ©fense de la culture chinoise » de 1958 , ou encore le rĂ©veil culturel des annĂ©es quatre-vingts marquent quelques unes des phases de cette interrogation sur l’ĂȘtre mĂȘme de la Chine et sur sa place et sa mission dans la communautĂ© des nations. On pourrait croire le dĂ©bat dĂ©passĂ© avec l’affirmation rĂ©cente de la puissance chinoise – et pourtant, il reprend pĂ©riodiquement, montrant l’importance d’arriver Ă  une comprĂ©hension de l’histoire qui soit partagĂ©e par des cultures diffĂ©rentes et qui soit nourrie par un dĂ©bat constant et serein. Une comprĂ©hension que la sinologie contribue Ă  fournir.

Si la mondialisation a accru de maniĂšre exponentielle les contacts culturels et linguistiques ainsi que les outils destinĂ©s Ă  les faciliter, la communication n’en court pas moins le risque d’ĂȘtre appauvrie par une fonctionnalisation, un utilitarisme accrus. En contraste, les avatars du Dictionnaire tĂ©moignent de la valeur sans prix de l’échange – ou, pour le dire autrement, de sa gratuitĂ©. Le travail tĂȘtu qui aboutit Ă  la sortie du Dictionnaire Ricci signifie que « traduire » est toujours une tĂąche Ă  mener au travers d’un Ă©change culturel quotidien, que vraiment traduire c’est vraiment aimer et comprendre.

Et c’est ainsi que le dialogue s’ouvre, se poursuit, et donne naissance. A l’instar du langage lui-mĂȘme le dialogue est marquĂ© par une fragilitĂ© essentielle, mais aussi par une tĂ©nacitĂ© qui lui vient de sa fluidité : Il y a un inachĂšvement de nature de tout dialogue, une ouverture perpĂ©tuelle qui le rend apte Ă  ĂȘtre repris, poursuivi, amplifiĂ©, distordu par d’autres formes et styles dialogiques au hasard de ses pĂ©rĂ©grinations dans l’histoire et le temps. C’est aujourd’hui encore que sont continuĂ©s les Entretiens de Confucius, les dialogues socratiques ou Ă©vangĂ©liques, les controverses scolastiques, dans la mesure exacte oĂč leurs ouvertures mĂȘmes leur permettent d’ĂȘtre reprises. La vulnĂ©rabilitĂ© du dialogue en permet la continuation, parce que le dialogue peut toujours ĂȘtre interrompu et recommencĂ©, nĂ©gociĂ© en ses rĂšgles et transformĂ© en ses expressions. Au fond, les styles, les langages des dialogues dans lesquels nous sommes engagĂ©s pris en leur diversitĂ© sont appelĂ©s Ă  ĂȘtre transformĂ©s en continu tant par l’expĂ©rience dialogale mĂȘme que par l’évolution concomitante de nos « styles de vie », des interactions quotidiennes qui autorisent ces dialogues. On pourrait alors risquer : « Nous dialoguons avec parce que nous habitons avec ». Les limites Ă©videntes de la formule ne doivent pas nous cacher ce vers quoi elle pointe : l’horizon du dialogue est celui d’une communautĂ© d’habitation, non d’appartenance. Or l’on peut « habiter ensemble » sans appartenir au mĂȘme groupe (c’est bien souvent le cas), une situation dans laquelle le dialogue devient de l’ordre de la nĂ©cessité : le dialogue ou la mort. L’avĂšnement effectif de communautĂ©s transculturelles, de la communautĂ© humaine dans son ensemble, Ă©claire et oriente l’interconnexion des styles dialogiques comme la transformation des styles de vie qui leur sont associĂ©s. Traduire, apprendre, dialogue, changer de vue, changer de vie – de style de vie, de style de pensĂ©e, de style de langage -, c’est bien l’opĂ©ration dans laquelle nous sommes nous-mĂȘmes engagĂ©s jour aprĂšs jour. Nous ne la vivons par seulement pour nous-mĂȘmes, mais pour la transformation et le renouvellement des communautĂ©s auxquelles nous appartenons. Le monde n’est pas appelĂ© Ă  devenir une seul ensemble indiffĂ©renciĂ© uni par une langue et une seule, mais un rĂ©seau de communautĂ©s dont les points de vue, les styles de vie et les langues mĂȘmes sont perpĂ©tuellement transformĂ©s, renouvelĂ©s par les Ă©changes qu’elles nourrissent – transformĂ©s par la rĂ©ciprocitĂ© dans l’échange. TrĂšs modestement, l’histoire d’un grand Dictionnaire peut alors tĂ©moigner de la fragilitĂ© de l’échange, mais aussi de la tĂ©nacitĂ© de son dĂ©sir, et de l’espĂ©rance qu’alors il Ă©veille et nourrit.

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MM. Benoßt Vermander, sinologue, et Emmanuel Lenain, Consul général de France à Shanghai

Un guide pour vivre la Chine

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Vivre en Chine est une rĂ©alitĂ© partagĂ©e aujourd’hui par plus de 45 000 Français, notamment Ă  Shanghai, PĂ©kin, Wuhan, Chengdu, Canton ou Hong Kong. La Chine offre des opportunitĂ©s et un fort potentiel de dĂ©veloppement de carriĂšre professionnelle. Elle attire des entrepreneurs, comme des expatriĂ©s avec leur famille, des Ă©tudiants ou des jeunes diplĂŽmĂ©s qui veulent booster leur carriĂšre. Pour que vivre chez les Chinois ne devienne pas un casse-tĂȘte, Vivre la Chine est la boĂźte Ă  outils d’un projet d’expatriation chinois quel qu’il soit.

Vivre la Chine donne toutes les clĂ©s du quotidien, depuis le logement jusqu’au mariage, en passant par le travail et l’éducation, la santĂ©, les loisirs, etc. GrĂące au partage d’expĂ©riences, on dĂ©couvre Ă  chaque page une sociĂ©tĂ© que l’on comprend autrement, par ses rĂšgles sociales. Comment on conduit, comment on loue un appartement, comment on s’aime, ce que travailler avec des Chinois signifie, etc. Chaque chapitre permet de comprendre la Chine et sa culture, de maniĂšre pragmatique, au quotidien.

Vire la Chine, Hikari Editions, 19,90 euros
isbn:9782367740478


Portraits de Shanghai

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Portraits de Shanghai raconte ces parcours de vies et la ville. On y fait la rencontre de Federico, le jeune chef colombien arrivĂ© Ă  20 ans pour officier dans les cuisines du restaurant français de l’Expo universelle ; InĂšs la libraire, venue pour un stage de 6 mois, restĂ©e pour la ville ; Philippe, l’entrepreneur, shanghaĂŻen depuis 20 ans, il conseille et aide les entreprises suisses Ă  s’implanter ; Quentin, qui parle de cette ville propice aux excĂšs oĂč il puise toute l’énergie de son expression artistique ; Christine, en quĂȘte d’identitĂ© qui retrouve ses racines Ă  Shanghai ; Annick, figure de la communautĂ© française, qui dĂ©crypte Shanghai, ville oĂč elle a Ă©tĂ© Ă  la fois l’actrice et le tĂ©moin de l’explosion Ă©conomique. Portraits de Shanghai c’est aussi l’expĂ©rience shanghaĂŻenne de Qile, Dominique, Michel, Chen, JĂ©rĂ©my, Laetitita, Jessica…

Pour connaĂźtre les mille facettes de la ville, des restaurants fusion aux petites cantines, des visites insolites aux incontournables, cette quinzaine de personnages partagent leur Shanghai. Chaque portrait livre sa sĂ©lection originale de lieux qu’il juge incontournables. Le livre propose ainsi plus de 250 endroits Ă  dĂ©couvrir, tous choisis et testĂ©s par leurs habituĂ©s : leurs meilleurs restaurants, leurs meilleures sorties, leurs meilleures visites, leurs meilleurs hĂŽtels et leurs meilleures adresses shopping. En dĂ©couvrant leurs histoires, vous n’aurez qu’une envie : embarquer pour Shanghai, et foncer dans ces lieux qu’ils ont confiĂ©s comme Ă  leurs meilleurs amis.

Portraits de Shanghai par Barbara Guicheteau

- ISBN 9782367740225 – 14,90 euros


Top 5 des incontournables en Chine

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La Chine est une destination qui ne laisse pas insensibles les voyageurs en quĂȘte de dĂ©paysement. Un pays riche et dĂ©paysant avec ses cinq millĂ©naires d’histoire, la Chine est destination de choix en Asie. Si vous projetez de partir en Asie trĂšs prochainement, laissez-vous tenter par une aventure dans l’Empire du Milieu et dĂ©couvrez ses incontournables. Ses paysages magnifiques, son histoire passionnante, ses temples
 Percez les mystĂšres de cet Ă©trange ailleurs, et vĂ©rifiez par vous-mĂȘme si ce que l’on entend dans les mĂ©dias est vĂ©ridique en dĂ©couvrant les immanquables de Chine


La Grande Muraille

muraille de chine Il serait impensable de visiter la Chine sans dĂ©couvrir la fameuse Grande Muraille. Par dĂ©finition, la Muraille de Chine est un ensemble de fortifications militaires chinoises dĂ©truites et reconstruites en plusieurs fois et plusieurs endroits. Elle a pour but de marquer et de dĂ©fendre la frontiĂšre nord de la Chine entre 220 av. J.-C. et le 17e siĂšcle. La structure architecturale de la Muraille est un vĂ©ritable chef-d’Ɠuvre unique et la plus importante jamais construits par l’homme. Notez Ă  titre indicatif que la longueur de la muraille serait environ de 6.700 km. La Grande Muraille est surnommĂ©e en chinois « La longue muraille de dix mille li » en raison de sa longueur. En moyenne, la Muraille de Chine mesure 4 Ă  5 mĂštres de largeur, et 6 Ă  7 mĂštres de hauteur. C’est sans nul doute l’un des incontournables lors de votre sĂ©jour en Chine.

Les Montagnes Jaunes

montagnes jaunes Les Montagnes Jaunes font Ă©galement parties des endroits prĂ©fĂ©rĂ©s en Chine. Les amateurs de randonnĂ©es et de nature seront aux anges avec ce petit dĂ©tour dans les Montagnes Jaunes. SituĂ©s dans la rĂ©gion du Anhui, les montages attirent de plus en plus de visiteurs en quĂȘte de dĂ©paysement et d’aventures. Alors, pourquoi ne pas faire une randonnĂ©e de quelques jours dans ces montagnes ? Laissez-vous sĂ©duire par la beautĂ© des paysages, les formes improbables des montages, les nuages, la vĂ©gĂ©tation luxuriante, les pics rocheux
 Vous pourrez Ă©galement admirer l’un des plus beaux levers du soleil du monde, un moment unique qui vous marquera lors d’un voyage en Chine.

Les gorges du saut du tigre

gorge du tigre Au cours de ce voyage inĂ©dit en Chine, faites un petit dĂ©tour dans la rĂ©gion du Yunnan ! Cet endroit est bien connu des voyageurs en Chine. Les amoureux du trekking seront servis ! Le trek peut se faire sur 4 Ă  5 jours pour les plus tĂ©mĂ©raires et 2 jours si l’on opte pour la version courte. Pendant la randonnĂ©e, vous serez bercĂ© par le calme des lieux, des paysages verdoyants et vallonnĂ©s. ApprĂ©ciez une trĂšs belle vue panoramique sur les villages, la riviĂšre
 un moment unique Ă  ne pas manquer. Vous avez envie de visiter les gorges du saut du tigre, mais une question vous taraude : oĂč se loger ? Sachez qu’il existe plusieurs auberges de jeunesse au sommet !

La chute d’Huangguoshu

chute Huangguoshu Partez Ă  la dĂ©couverte de l’une des plus grandes chutes d’eau d’Asie dans la rĂ©gion du Guizhou « la chute d’Huangguoshu » ! Notez Ă  titre indicatif que la chute d’eau mesure plus de 100 mĂštres de large et pratiquement 78 mĂštres de hauteur, une merveille naturelle immanquable. Sans nul doute, vous serez Ă©bloui par la beautĂ© des paysages aux alentours. Vous pourrez prendre de belles photos souvenirs, car la chute est accessible de tous les cĂŽtĂ©s.

RĂ©serve naturelle de Lushan

reserve lushan La RĂ©serve naturelle de Lushan est l’un des endroits prĂ©fĂ©rĂ©s des amoureux de la culture chinoise. SituĂ©e dans la rĂ©gion du Jiangxi, cette rĂ©serve est un passage obligĂ© pour dĂ©couvrir les multiples facettes de ce pays fascinant. Vous ressentirez l’influence des religions bouddhistes, taoĂŻstes, confucĂ©ennes Ă  travers la rĂ©serve oĂč de nombreux temples ont Ă©tĂ© construits. Partez Ă  la dĂ©couverte de l’un des endroits les plus connus de la rĂ©serve « la montagne Lu ». Le lieu a inspirĂ© de trĂšs nombreux artistes chinois Ă  l’instar de Li Bai qui a Ă©crit plus de 4000 poĂšmes vantant la beautĂ© unique de cet endroit. Partagez de bons moments en famille Ă  travers un sĂ©jour Chine et dĂ©couvrez ses incontournables pour ne rien manquer de votre voyage. Article rĂ©digĂ© en coopĂ©ration avec bonjourchine.com


La France, la Chine et un dictionnaire

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La cĂ©lĂ©bration des cinquante ans de relations diplomatiques entre la Chine et la France a Ă©tĂ© marquĂ©e par un nombre d’initiatives bien plus Ă©levĂ© que prĂ©vu au dĂ©part – expositions, colloques, documentaires, visites thĂ©matiques, spectacles, publications
 La plupart de ces initiatives sont venues de rĂ©gions, municipalitĂ©s, groupes professionnels, artistes ou chercheurs dĂ©jĂ  engagĂ©s dans des projets communs. MalgrĂ© les alĂ©as politiques et Ă©conomiques parfois enregistrĂ©s, il est clair que les Ă©changes humains engagĂ©s depuis plus de trente ans ont dĂ©jĂ  portĂ© des fruits, qui dĂ©passent largement ce que les seuls gouvernements pourraient mettre en Ɠuvre par eux-mĂȘmes seulement. Il a toujours existĂ© une sorte de fascination rĂ©ciproque entre la France et la Chine, et l’attraction mutuelle entre les deux cultures ne diminue en rien.

J’aimerais Ă©voquer ici l’une des initiatives qui ont abouti durant cette annĂ©e. Fin aoĂ»t 2014, les Presses Commerciales de PĂ©kin (l’une des plus grandes maisons d’édition chinoise, Ă©ditrice, entre autres, du Dictionnaire Xinhua, le dictionnaire le plus vendu au monde
) ont sorti un volume de plus de 2000 pages, le « Dictionnaire Ricci Chinois-Français », une Ă©dition rĂ©visĂ©e et raccourcie du Grand Ricci, le dictionnaire publiĂ© en 2001 par les Instituts Ricci de Taipei et Paris, dont les droits ont depuis Ă©tĂ© confiĂ©s Ă  « l’Association Ricci pour le grand dictionnaire français de la langue chinoise ». Si le « Grand Ricci » totalise sept volumes et neuf mille pages, l’édition confectionnĂ©e par Shangwu est bien davantage qu’un seul condensĂ© du premier.

Depuis les premiers contacts entre les Instituts Ricci et les Presses commerciales (Shangwu), il aura fallu attendre quinze ans
 Mais le dĂ©lai Ă©tait largement justifié : les Presses commerciales ont effectuĂ© un travail d’exception, qui fait de ce dictionnaire – et pour trĂšs longtemps – l’outil de rĂ©fĂ©rence lexicographique entre le chinois et le français. Le choix des expressions a Ă©tĂ© fait avec scrupule, les expressions douteuses ou fautives ont Ă©tĂ© corrigĂ©es, un choix Ă©clairĂ© de nouvelles expressions venues du chinois contemporain a Ă©tĂ© introduit sans pour autant affadir l’ancrage du Ricci dans l’histoire de la langue et de la pensĂ©e chinoises. Les traditions lexicographiques combinĂ©es des Presses Commerciales et des Ricci ont livrĂ© ensemble ce qu’elles avaient de meilleur
 Ouvrant le dictionnaire, je me remĂ©morais avec joie ma premiĂšre visite dans le « temple » intimidant des Presses Commerciales en 1999 : Zhang Wenying, l’éditrice qui m’accueillait alors a finalement coordonnĂ© jusqu’au bout le projet. Entre tous les partenaires impliquĂ©s, la confiance et l’estime n’ont fait que croĂźtre au long des annĂ©es.

L’origine du grand Ricci remonte au « Bureau d’étude sinologique » de Zikawei, Ă  Shanghai, dans les annĂ©es 1880, et au travail accompli par les sinologues jĂ©suites français LĂ©on Wieger et SĂ©bastien Couvreur dans le Hebei Ă  partir de la mĂȘme Ă©poque. Il avait Ă©tĂ© repris notamment par les pĂšres Eugen Zsamar, Yves Raguin, Jean Lefeuvre et Claude Larre aprĂšs qu’ils avaient quittĂ© la Chine. Dans les annĂ©es quatre-vingt et quatre-vingt dix, un trĂšs grand nombre de sinologues francophones se sont mobilisĂ©s pour faire aboutir ce projet ; Il Ă©tait grand temps que ce fruit de la sinologie d’inspiration jĂ©suite « rentre » en Chine, et qu’il le fasse corrigĂ©, mĂ»ri, portĂ© Ă  fruition par la meilleure institution lexicographique chinoise. La parution du « Ricci-Shangwu » n’est pas seulement un Ă©vĂ©nement Ă©ditorial. AncrĂ©e dans une longue histoire, elle est un signe fort de fidĂ©litĂ© et d’espĂ©rance.

L’histoire du Grand Ricci est emblĂ©matique de ce que les Ă©changes interculturels se doivent d’ĂȘtre encore aujourd’hui : ils exigent, patience, enracinement dans la langue, respect, sens de la continuité  A l’heure oĂč conflits et rancƓurs entre peuples et civilisations emblent souvent l’emporter, sachons donc faire encore le pari de la confiance, de l’ouverture – et de la tĂ©nacitĂ©. Les fruits les plus tardifs sont souvent les plus savoureux.

 Article Paru dans la revue France Forum, numéro 56, 2014

 

http://www.grandricci.org/

 


Conférence EQUANCE 24 octobre 2014 chez DPark

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Chers amis,

Dans le cadre de L’INFORMATION PERTINENTE, c’est avec un grand plaisir que je vous convie Ă  cette confĂ©rence.

Avec DPARK Shanghai et UFE (union des français de l’étranger), je soutiens cette initiative en termes d’information sur la protection du conjoint dans un environnement international.

Les recommandations gĂ©nĂ©rales d’Equance, affirmĂ©es sur place, par son prĂ©sident Monsieur Olivier Grenon Andrieux, trĂšs grand spĂ©cialiste de ces questions, sera pour nous, expatriĂ©s en Chine, une source prĂ©cieuse d’informations incontestables.

Je vous encourage par ailleurs de profiter de sa présence pour, en fin de conférence, poser toutes les questions que vous souhaiterez.

Dans cette attente et au plaisir de vous accueillir aussi nombreux que lors de son dernier passage.

Bien Cordialement

 Antonio Duarte


Press Release Shanghai 9th of september 2014

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Chinese Though and Cultural resources A Training Program for International and Chinese managers

With the continuous development of the Chinese economy and China’s more prominent role in the world, Chinese traditional culture correspondingly receives increased attention. To help managers in Chinese or foreign companies gain an understanding of Chinese philosophy, history, and contemporary culture, Fudan School of Philosophy, in association with DPark, is sponsoring an English-language Certificate of Chinese Thought and Cultural Resources. The program is tailored for foreign and Chinese entrepreneurs/executives willing to mobilize such resources for managing their business endeavors in a culturally and socially responsible fashion.

The program

This English-language program seeks to enhance international and Chinese managers‘ knowledge of Chinese cultural resources so as to enrich and facilitate the exercise of their corporate missions and social responsibilities in China. The program is designed and taught by professors from the School of Philosophy at Fudan University. Its unique teaching and rich research resources have been organized to create a groundbreaking training program adapted to the needs of decision-makers through course work, interactions with native informants, and field trips. The program starts next January and lasts for nine weekends spanning over one year.

Details are included in these two online brochures:

‱ http://www.dpark-shanghai.com/pdf/brochure-base.pdf 

 ‱ http://www.dpark-shanghai.com/pdf/brochure-suite.pdf 

Information can also be obtained by writing to: <fudan-dpark@duarte-china.com>

About Fudan University and the School of Philosophy, Shanghai The Fudan University is one of the top five universities in Mainland China, its professors have included world-renowned scientists such as Su Buqing, Xie Xide, Tan Jiazhen, and masters of Chinese culture like Chen Yinke. It has also trained many of the foremost leaders of the country, such as the famous economist Wu Jinglian and the former World Bank Managing Director Zhang Shengman. The current vice president of China, Li Yuanchao, and the secretary of the Central Committee of CPC, Wang Huning, are also alumni of Fudan University. The Faculty of Philosophy is one of the top three schools of Philosophy in Mainland China and has been ranked first in Asia.

About DPark, Shanghai DPark is the first foreign business center approved by the Shanghai local government to help foreign SMEs to establish themselves in China. DPARK offers a one-stop service for foreign SMEs, including company registration, equipped offices, legal addresses, bookkeeping, human resources, etc.

adresses


Un voyage Ă  Shanghai

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People's Republic of China, Shanghai, The Bund. People practicing tai chi on the Bund. Oriental Pearl Tower and Pudong skyline in background.

 

Ville de Chine, Shanghai fait dans le dĂ©mesurĂ©, l’extraordinaire, le gigantisme et surtout le futuriste.
Toujours soucieuse d’ĂȘtre en avance sur son temps, elle ne lĂ©sine pas sur les moyens pour se doter des tours les plus grandes, des jardins les plus beaux, des autoroutes les plus larges et des constructions les plus Ă©cologiques.

Le quartier de Pudong rassemble la majeure partie des gratte-ciel dont la tour Jinmao, vĂ©ritable place financiĂšre et Ă©conomique. Les monuments historiques se trouvent sur le Bund, le long du fleuve Huangpu. Cet ancien quartier a connu un Ăąge d’or dans les annĂ©es 30 lorsque Shanghai Ă©tait le principal port commercial d’Asie. La vie y Ă©tait libertine entre les fumeries d’opium, les maisons closes et une mafia omniprĂ©sente.

La prĂ©sence de lieux de cultes religieux tĂ©moigne d’une forte prĂ©sence Ă©trangĂšre dans la ville, notamment 30 000 rĂ©fugiĂ©s juifs juste avant la Seconde Guerre mondiale. Le Temple du Bouddha de Jade et la Synagogue de Ohel Moishe sont des vestiges de ce passĂ©.

Mais pour comprendre l’histoire complexe de Shanghai, rien de mieux qu’une visite au musĂ©e de Shanghai Ă  l’architecture aussi rĂ©ussie que sa musĂ©ographie.

Le musĂ©e d’urbanisme est trĂšs instructif quant Ă  l’avenir de la citĂ© portuaire. Vous y verrez les projets les plus fous de la rĂ©gion dont une bonne partie sera finalisĂ©e pour l’Exposition Universelle.

MĂȘme si Shanghai est inĂ©puisable compte tenu de sa diversitĂ©, Ă©loignez-vous un peu de la mĂ©galopole pour profiter des trĂ©sors naturels comme le Lac de l’Ouest, le jardin Yu et les villes magnifiques de Zhouzhuang et de Suzhou. Ce paradis sur terre, comme la surnomment les chinois, possĂšde une dizaine de jardins classiques chinois classĂ©s au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Histoire de la ville
Simple village de pĂȘcheur situĂ© sur la riviĂšre Huangpu jusqu’au XVIIIe siĂšcle, Shanghai deviendra une ville avec la guerre de l’Opium. Les Anglais lorgnaient depuis quelques annĂ©es dĂ©jĂ  sur les villes portuaires afin de commercialiser l’opium provenant de leurs colonies indiennes. Mais l’empereur refusa tout Ă©change commercial contre de la drogue.
Le vice-roi, Ă  Canton, fit mĂȘme bruler 20 000 caisses d’opium entrainant la colĂšre des britanniques. Ils bombardĂšrent tous les ports le long de la mer de Chine obligeant l’empereur Ă  signer le TraitĂ© de Nankin mettant fin Ă  la guerre. Ce dernier donnait l’accĂšs aux Ă©trangers Ă  cinq ports chinois : Canton, Ningbo, Fuzhou, Amoy et Shanghai.

Une premiĂšre concession s’installa dans la ville en 1842, bientĂŽt suivie par les Français en 1847. Une concession internationale fut Ă©tablie en 1863 mais les Français refusĂšrent de s’y intĂ©grer. Shanghai fut donc coupĂ©e en trois : la concession internationale, la concession française et la ville chinoise. Chaque parcelle obĂ©issait Ă  son pays respectif : autant dire que les colons profitaient des ressources chinoises sans les inconvĂ©nients.

Plus grand port international d’Asie grĂące Ă  l’opium, au thĂ© et Ă  la soie, Shanghai connaitra une Ă©poque fastueuse jusque dans les annĂ©es 30. Salles de jeux, fumeries d’opium et maisons closes fleurissaient Ă  chaque coin de rue, les mafias organisant le tout en toile de fond.

DĂ©jĂ  en avance sur son temps, c’est lĂ  qu’aura lieu la premiĂšre rĂ©union du parti communiste chinois avec Mao Zedong mais aussi les grandes idĂ©es du nationalisme. Tchang KaĂŻ-Chek et ses troupes feront beaucoup de victimes Ă  Shanghai, en 1927, pour Ă©radiquer le communisme.

Puis, les Japonais envahirent la ville en 1941 aprĂšs l’attaque surprise de Pearl Harbor et ne s’en iront qu’en 1945, Ă  la fin de la Seconde guerre mondiale.
Shanghai devient alors un bastion communiste qui servira mĂȘme de point de dĂ©part Ă  la RĂ©volution culturelle lancĂ©e par la Bande des Quatre : Jiang Qing (femme de Mao), Yao Wenyuan, Zhang Chunqiao et Wang Hongwen. Une rĂ©pression contre les intellectuels s’engage ; la ville se rĂ©volte. La grĂšve gĂ©nĂ©rale permet l’Ă©viction de la Bande des Quatre.

Les annĂ©es 80 seront sombres pour Shanghai qui semble oubliĂ©e. La volontĂ© de deux maires successifs lui donnera une nouvelle impulsion dans la dĂ©cennie suivante en crĂ©ant le quartier des affaires, Pudong. Des entreprises Ă©trangĂšres s’installent Ă  Shanghai, le commerce reprend, les gratte-ciel sortent de terre (plus de 3000 actuellement et autant en projet).

La modernisation rapide de Shanghai a entrainĂ© des dĂ©sĂ©quilibres gĂ©ologiques mais aussi Ă©conomiques. Les pauvres sont confinĂ©s en pĂ©riphĂ©rie d’une des villes les plus chĂšres au monde. Le sol s’affaisse peu Ă  peu, de par sa proximitĂ© avec le fleuve Huangpu, sous le poids des constructions. Les vieux quartiers disparaissent au profit d’immeubles rĂ©sidentiels et de siĂšges d’entreprises.
Il semblerait que Shanghai veuille revivre son époque glorieuse des années folles.

Office de tourisme de Shanghai
561, Nanjing Donglu
149, Jiujiaochang Lu
Shanghai
Site web

 

Se rendre Ă  Shanghai

Le rĂ©seau aĂ©rien et ferroviaire de Shanghai est trĂšs bien desservi. En prĂ©vision de l’exposition universelle de 2010, un effort supplĂ©mentaire a Ă©tĂ© fait pour agrandir l’offre de moyens de transport.

L’aĂ©roport international se trouve Ă  Pudong, Ă  40 kilomĂštres au sud de Shanghai.
La compagnie locale China Eastern propose des vols plusieurs fois par jours vers les grandes villes chinoises et une fois par semaine pour les villes de plus petite taille. La taxe d’aĂ©roport est de 50 yuans (5 euros).
Le second aéroport, Hong Qiao, dessert exclusivement les villes intérieures.

Vous pourrez rejoindre le centre-ville ou la gare en bus (pour 2 ou 3 euros) en 1h selon la circulation. Si vous ĂȘtes pressĂ©, tentez une expĂ©rience unique : le Maglev, un train Ă  sustentation magnĂ©tique qui vous amĂšnera au sud de la ville en 8 minutes chrono pour une vitesse de 430 km/h ! Prix : 10 euros.
Puis prenez le mĂ©tro jusqu’au centre. C’est d’ailleurs, le moyen de transport le plus pratique pour parcourir Shanghai.

L’avantage de Shanghai est que la ville est situĂ©e au bord de l’eau. C’est donc le point de dĂ©part pour des croisiĂšres sur le fleuve Yangzi ou pour le Japon. Renseignez-vous Ă  la billetterie des ferries.

Les trains arrivent et partent vers de nombreuses villes de Chine. Vous trouverez la gare au nord du centre-ville.

Se déplacer dans Shanghai

La marche Ă  pied vous lassera vite. Shanghai est une ville moderne, aux grands axes routiers et Ă  la circulation routiĂšre omniprĂ©sente. Ainsi, le bus et le taxi ne sont pas l’idĂ©al Ă©tant donnĂ© les nombreux embouteillages.
Le métro est le plus pratique suivi du vélo. Vous trouverez des loueurs de bicyclettes dans les grands hÎtels.

Informations pratiques

AĂ©roport international de Pudong
TĂ©l : 86 21 6834 1000
Site internet (en anglais)

 

en savoir plus:http://www.linternaute.com/voyage/chine/shanghai/


Un passé chinois qui se conjugue au présent

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Depuis quelques annĂ©es, les chinois prennent conscience de l’intĂ©rĂȘt des sites impĂ©rieux et s’engagent dans des rĂ©novations ambitieuses. La nouvelle rĂ©volution de l’hyper expansion de l’Ă©conomie chinoise a bel et bien banni l’ancienne doctrine communiste qui prĂ©tendait faire table rase du passĂ©. Les villes historiques ont ainsi fait le choix de prĂ©server au milieu des architectures ultramodernes, les vestiges de l’ancienne empire du milieu.

Les raisons de cette conservations sont doubles: elles corespondent Ă  l’intĂ©rĂȘt nouveau de la population pour son histoire quatre fois millĂ©naire, mais aussi Ă  la prise de conscience de la manne Ă©conomique  que le tourisme est susceptible de reprĂ©senter en Chine.