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La seconde vie du Grand Ricci

Par Benoit Vermander

Fin août 2014, les Presses Commerciales de Pékin (l’une des plus grandes maisons d’édition chinoise, éditrice, entre autres, du Dictionnaire Xinhua http://en.wikipedia.org/wiki/Xinhua_Zidian (le dictionnaire le plus vendu au monde…) ont sorti un volume de plus de 2000 pages, le « Dictionnaire Ricci Chinois-Français », une édition révisée et raccourcie du Grand Ricci http://www.jesuites.com/2012/01/grand-dictionnaire-ricci-chinois/ , le dictionnaire publié en 2001 par les Instituts Ricci de Taipei et Paris, dont les droits ont depuis été confiés à « l’Association Ricci pour le grand dictionnaire français de la langue chinoise » http://www.grandricci.org . L’ouvrage devrait atteindre les librairies de Chine début octobre.

Depuis les premiers contacts entre les Instituts Ricci et les Presses commerciales (Shangwu), il aura fallu attendre quinze ans… Mais le délai était largement justifié : les Presses commerciales ont effectué un travail d’exception, qui fait de ce dictionnaire – et pour très longtemps – l’outil de référence lexicographique entre le chinois et le français. Le choix des expressions a été fait avec scrupule, les expressions douteuses ou fautives ont été corrigées, un choix éclairé de nouvelles expressions venues du chinois contemporain a été introduit sans pour autant affadir l’ancrage du Ricci dans l’histoire de la langue et de la pensée chinoises. Les traditions lexicographiques combinées des Presses Commerciales et des Ricci ont livré ensemble ce qu’elles avaient de meilleur… Ouvrant le dictionnaire, je me remémorais avec joie ma première visite dans le « temple » intimidant des Presses Commerciales en 1999 : Zhang Wenying, l’éditrice qui m’accueillait alors ** a finalement coordonné jusqu’au bout le projet **. Entre tous les partenaires impliqués, la confiance et l’estime n’ont fait que croître au long des années.

L’origine du grand Ricci remonte au « Bureau d’étude sinologique » de Zikawei, à Shanghai, dans les années 1880, et au travail accompli par les sinologues jésuites français Léon Wieger et Sébastien Couvreur dans le Hebei à partir de la même époque. Il avait été repris notamment par les pères Zsamar, Yves Raguin, Jean Lefeuvre et Claude Larre après qu’ils avaient quitté la Chine. Il était grand temps que ce fruit de la sinologie jésuite « rentre » en Chine, et qu’il le fasse corrigé, mûri, porté à fruition par la meilleure institution lexicographique chinoise. La parution du « Ricci-Shangwu » n’est pas seulement un événement éditorial. Ancrée dans une longue histoire, elle est un signe fort de fidélité et d’espérance.

 

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Posted on by admin in Chine

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